Nous ne sommes pas là pour sauver : apprendre à lâcher le rôle du sauveur

Nous ne sommes pas là pour sauver : apprendre à lâcher le rôle du sauveur

"Aider quelqu’un à se conformer, ce n’est pas l’aider à être libre."

Quand on commence à voir plus clair, à comprendre certains mécanismes de la vie, à sentir plus finement, une chose peut arriver : on veut aider. Soutenir. Protéger. Guérir. Montrer la voie.

Et parfois, sans même s’en rendre compte, on enfile un costume : celui du sauveur.

Il part d’une belle intention. Mais il peut vite devenir une prison — pour nous, et pour l’autre.

Sauver n’est pas de l’amour.

Vouloir sauver coûte que coûte, c’est penser que l’autre n’y arrivera pas sans nous.

C’est confondre aide et contrôle.

C’est penser qu’on sait ce qui est bon pour lui, qu’on a la réponse, la bonne vision, le bon chemin.

Mais l’amour, le vrai, ne porte pas. Il accompagne.

Il n’impose pas. Il offre un espace, il ne prend pas les commandes.

Le sauveur pense aider.

Souvent, il prive l’autre de sa propre puissance.

Personne ne se transforme à la place de quelqu’un d’autre.

On ne peut pas apprendre pour quelqu’un.

On ne peut pas guérir à sa place.

On ne peut pas faire ses pas à sa place.

Aider l’autre à éviter ses épreuves, c’est parfois l’empêcher de rencontrer ce qu’il est venu transformer.

Chaque être a son chemin, son rythme, ses renaissances.

Parfois, vouloir sauver, c’est ne pas faire confiance.

Guider, oui. Remplacer, non.

Accompagner n’est pas sauver.

Guider n’est pas porter.

Semer une graine n’est pas faire pousser la plante.

C’est simplement lui offrir une chance.

La croissance de l’autre ne nous appartient pas.

Elle ne se contrôle pas. Elle ne se force pas.

Notre rôle n’est pas de modeler l’autre, mais de lui laisser l’espace pour se découvrir lui-même.

Parfois, derrière l’impulsion de sauver, il y a une blessure.

La peur de voir souffrir, parce que cela réveille notre propre douleur.

La peur de ne pas être utile si l’on n’aide pas.

La peur d’exister sans mission.

Abandonner le rôle du sauveur, ce n’est pas devenir indifférent.

C’est devenir libre.

Libre d’aimer sans s’épuiser.

Libre d’aider sans se substituer.

La vraie aide est humble.

Elle n’impose rien.

Elle ne se glorifie pas.

Elle écoute. Elle offre une présence, pas une direction forcée.

Elle dit : “Je suis là”, pas “Je vais te réparer”.

Être là pour quelqu’un, ce n’est pas lui tenir la main pour marcher.

C’est lui rappeler qu’il a deux jambes.

Parfois, se retirer est un acte d’amour.

C’est faire confiance à la vie qui travaille en chacun.

C’est offrir, puis lâcher.

C’est donner des clés, pas ouvrir les portes.

C’est inspirer, pas diriger.

Sauver n’est pas aimer.

Aimer, c’est laisser l’autre se sauver lui-même.

Et vous ?

Vous arrive-t-il encore de vouloir prendre en charge l’autre pour son bien, ou commencez-vous à faire confiance à sa capacité à se révéler, à son rythme, avec ses propres réponses ?

Où en êtes-vous dans votre façon d’aider : porter… ou accompagner ?

Si cette question vous traverse, je peux vous accompagner à l’explorer et à discerner quand être présent et quand savoir vous retirer. 

Je promets d'essayer de ne pas vous sauver :)

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