On parle souvent du pardon comme d’un geste noble, presque sacré.
On imagine une forme de grandeur morale, un acte lumineux, un symbole de sagesse spirituelle.
En réalité, le pardon n’a rien d’héroïque.
Il n’est pas spectaculaire. Il n’efface rien. Il ne justifie rien.
Le pardon n’est pas un certificat de vertu.
C’est une respiration intérieure.
Pardonner n’efface pas l’histoire
Pardonner ne veut pas dire oublier.
Ne veut pas dire minimiser.
Ne veut pas dire dire “ça n’était rien”.
Parfois, ce qui a été vécu était lourd, injuste, violent, destructeur.
Certaines blessures marquent profondément.
Certaines déceptions restent.
Certaines trahisons prennent du temps à se dissoudre.
Le pardon n’est pas une amnésie. C’est un apaisement du soi.
Il ne nie pas la douleur.
Il refuse simplement de continuer à la laisser gouverner.
Quand il existe de l’impardonnable
Il existe aussi des situations où pardonner l’autre n’a simplement aucun sens.
Ce serait presque une trahison envers soi-même, envers sa dignité, envers ce qui a été vécu.
Dans ces moments-là, on ne pardonne pas l’autre.
On apprend à s’en détacher.
À retirer son pouvoir.
À faire en sorte qu’il n’ait plus la capacité de nous atteindre, de modeler nos émotions, ou de vivre encore dans nos pensées.
Cela prend du temps. Ce n’est pas immédiat. Ce n’est pas facile.
Ce n’est pas “pardonner pour être quelqu’un de bien”.
C’est se libérer pour ne plus rester prisonnier.
Dans l’impardonnable, la personne que l’on finit vraiment par pardonner… c’est soi.
Pour avoir été blessé. Pour avoir été vulnérable.
Pour ne pas avoir vu, pas su ou pas pu se protéger.
Le pardon, ici, n’est pas envers l’autre.
Il est envers la part de nous qui a survécu et continue d’avancer.
Pardonner n’absout pas : ça libère
On croit souvent que pardonner, c’est faire un cadeau à l’autre.
En vérité, on se le fait à soi.
Quand on ne pardonne pas, on reste attaché à l’événement, à la personne, à la douleur.
On porte un poids qui n’appartient plus au présent.
Pardonner, c’est reprendre sa liberté.
Ce n’est pas excuser. C’est se libérer.
Pardonner ne veut pas dire revenir
On peut pardonner et partir.
Pardonner et ne plus accorder d’accès.
Pardonner et protéger son espace.
Pardonner, ce n’est pas se remettre en danger.
C’est sortir du champ de bataille.
Le pardon vrai demande du temps
On ne pardonne pas par volonté.
On pardonne quand on a traversé l’émotion, quand on a compris ce que la situation est venue révéler en nous, quand on cesse de chercher réparation.
Le pardon n’est pas une décision sèche.
C’est une maturation intérieure.
On n’impose pas la guérison à soi-même.
On la laisse naître.
Le plus difficile : se pardonner soi-même
Les autres, parfois, on arrive à les pardonner.
Mais soi ?
C’est plus complexe.
On s’en veut d’avoir cru.
D’avoir espéré.
D’avoir fait confiance.
D’avoir été naïf, généreux, vulnérable.
Et pourtant…
Ce que l’on s’est reproché, souvent, c’était le manque de courage.
Aimer est un risque.
S’ouvrir est un risque.
Vivre est un risque.
Se pardonner, c’est reconnaître cela.
C’est admettre qu’on a fait de son mieux avec ce que l’on savait alors.
C’est cesser de se juger pour avoir été humain.
Le pardon, au fond, n’est qu’une direction
Il ne s’impose pas.
Il ne se force pas.
Il n’arrive pas sur commande.
Il se présente un jour, doucement, sans effort.
Alors on respire plus librement.
On cesse de tenir.
On se laisse être.
Et on avance.
Pas par oubli.
Par liberté.
Et vous ?
Qu’est-ce qui, aujourd’hui, demande encore à être relâché en vous ?
Est-ce l’autre que vous n’arrivez pas à “pardonner” ou est-ce encore vous-même que vous n’avez pas fini de libérer et d’honorer ?
Si cette question vous touche, je peux vous accompagner à traverser ce chemin, dans une démarche intérieure et spirituelle.
Cela ne se substitue en aucun cas à l’accompagnement d’un professionnel lorsque celui-ci est nécessaire ; ici, il s’agit d’un espace de sens et de présence.
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